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note écrite et publiée
par Tanguy David
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  1. 012030, le miracle Marine Le Pen ?
2030, le miracle Marine Le Pen ?Projection dans une France transformée après trois années d’alternance nationaleLire la noteReplier

Texte intégral

Illustration de Marine Le Pen dans un bureau officiel, devant les drapeaux français et européen
Illustration de projection · image générée par intelligence artificielle.

Une note prospective, écrite depuis mai 2030, sur ce que pourrait devenir la France après trois années de présidence Marine Le Pen.

Mai 2030.

Voilà trois ans que Marine Le Pen a franchi les portes du palais de l’Élysée en qualité de présidente de la République.

Trois années seulement. C’est peu à l’échelle d’un pays. C’est pourtant assez pour mesurer un changement, pour distinguer les promesses qui se sont dissipées de celles qui ont commencé à transformer la vie réelle. Assez, aussi, pour comparer cette France nouvelle avec celle que nous connaissions avant l’élection présidentielle de 2027.

Je me souviens encore de l’atmosphère qui entourait sa possible victoire. Pendant des mois, on nous avait annoncé le chaos. Une crise institutionnelle immédiate, l’isolement diplomatique, l’effondrement économique, la division irréparable du pays. On nous expliquait que la France ne résisterait pas à l’alternance, comme si notre République était trop fragile pour supporter le choix des Français.

Marine Le Pen avait pourtant été élue. Non dans la confusion, non par accident, mais au terme d’une élection parfaitement démocratique. Après des années de progression électorale, après plusieurs défaites présidentielles et après une longue transformation de son mouvement, elle avait fini par atteindre cette fonction autour de laquelle toute sa vie politique s’était construite.

En mai 2027, elle n’était plus seulement la dirigeante d’un parti ou la candidate d’un camp. Elle devenait la présidente de tous les Français.

Trois ans plus tard, la République n’a pas disparu. La France n’a pas sombré. Les institutions fonctionnent, les élections continuent d’être organisées, les oppositions s’expriment, les journalistes critiquent le pouvoir et les manifestations traversent encore les rues de Paris.

Mais quelque chose a changé.

La France semble de nouveau gouvernée.

Le retour de la décision politique

Le premier changement ne se mesure pas seulement dans les chiffres. Il se ressent dans la manière dont le pouvoir s’exerce.

Pendant trop longtemps, les Français avaient eu le sentiment que les grandes décisions échappaient à leurs représentants. Les gouvernements se succédaient, les discours changeaient, mais la direction générale demeurait presque toujours la même. Chaque renoncement était présenté comme une obligation. Chaque impuissance était justifiée par l’Europe, les marchés, les traités, les juges, les circonstances ou la complexité du monde.

Marine Le Pen avait promis de rendre au politique sa capacité d’agir. Elle n’a pas supprimé toutes les contraintes, car aucun chef d’État ne le pourrait. Elle n’a pas davantage transformé la France en une île coupée du reste du continent.

Elle a cependant rétabli une idée qui semblait avoir disparu : lorsqu’un peuple choisit une orientation, cette orientation doit être réellement mise en œuvre.

Dès les premiers mois de sa présidence, elle a engagé les grandes consultations promises pendant la campagne. La question de l’immigration, celle de la souveraineté nationale et celle de la primauté des décisions démocratiques ont été soumises aux Français. Les débats ont été vifs, parfois brutaux. Mais ils ont eu lieu.

La parole du peuple n’a plus été traitée comme une émotion passagère qu’il faudrait corriger après le scrutin. Elle est redevenue une source de légitimité.

C’est peut-être cela, avant toute autre chose, qui a changé l’atmosphère du pays. Les Français peuvent approuver ou contester la présidente. Ils peuvent juger ses décisions trop sévères ou encore insuffisantes. Mais ils savent désormais que le vote peut produire une véritable alternance.

Ce retour de la décision politique constitue déjà une forme de révolution tranquille.

Une nation qui contrôle à nouveau ses frontières

L’immigration fut naturellement l’un des premiers sujets de rupture.

Durant des décennies, presque tous les gouvernements avaient promis de la maîtriser. Les mêmes annonces revenaient avant chaque élection. Les chiffres progressaient, les procédures s’allongeaient et les décisions d’éloignement restaient trop rarement appliquées.

À partir de 2027, la logique a changé.

Le regroupement familial a été considérablement restreint. Les conditions d’accès au séjour ont été durcies. Les demandes d’asile sont davantage examinées avant l’entrée sur le territoire lorsque les accords internationaux le permettent. Les étrangers condamnés pour des infractions graves font l’objet de procédures d’éloignement accélérées. Les moyens administratifs et judiciaires consacrés à l’exécution des décisions ont été renforcés.

Tout n’a pas changé du jour au lendemain. Les conventions internationales existent toujours. Les frontières européennes demeurent difficiles à contrôler. Certains pays refusent encore de reprendre leurs ressortissants. Des décisions sont annulées par les juridictions et des dispositifs doivent être régulièrement adaptés.

Mais, en 2030, le mouvement général est devenu visible.

L’immigration légale a diminué. Les filières clandestines rencontrent davantage d’obstacles. L’État assume enfin publiquement qu’il appartient à la France de décider qui peut entrer sur son territoire, qui peut s’y établir durablement et à quelles conditions la nationalité française peut être accordée.

Cette fermeté n’a pas provoqué la guerre civile annoncée.

Les Français d’origine étrangère qui travaillent, respectent la loi et aiment leur pays n’ont pas été chassés de la communauté nationale. Au contraire, l’exigence d’assimilation est devenue plus lisible. La France ne demande pas aux individus de renier leurs histoires familiales. Elle leur demande de reconnaître une histoire commune, une langue, des lois et une destinée nationale.

L’idée paraît presque élémentaire. Elle avait pourtant été abandonnée.

La nation n’est pas une origine ethnique. Elle est une communauté historique et politique. Elle suppose des droits, mais aussi des devoirs. Elle protège ceux qui lui appartiennent et exige d’eux une fidélité à la France.

Je crois profondément que l’autorité de l’État et la fraternité nationale ne sont pas contradictoires. Une société sans règles finit toujours par devenir plus dure, plus injuste et plus violente. Ce sont les plus modestes qui subissent en premier l’impuissance publique, tandis que les plus favorisés peuvent acheter leur tranquillité.

En restaurant des limites, Marine Le Pen n’a pas seulement répondu à une inquiétude identitaire. Elle a rétabli une condition essentielle de la solidarité : pour partager durablement, il faut savoir avec qui l’on forme une communauté.

Le retour de l’ordre quotidien

En 2030, la délinquance n’a évidemment pas disparu.

Aucun responsable politique sérieux ne pourrait promettre une France sans crimes, sans violences et sans trafics. Mais la peur de sortir, le sentiment d’abandon et l’impression que les sanctions ne sont jamais exécutées ont commencé à reculer dans certains territoires.

Les effectifs de police et de gendarmerie ont été redéployés vers les zones les plus exposées. Les procédures ont été simplifiées. De nouvelles places de prison ont été ouvertes. Les peines prononcées sont plus rapidement exécutées et les récidivistes font l’objet d’un suivi renforcé.

La politique menée depuis 2027 repose sur une conviction simple : la sanction n’est pas une vengeance. Elle protège la société, rappelle la règle et permet aussi à celui qui a fauté de mesurer la gravité de son acte.

Pendant longtemps, une partie du débat public avait opposé la prévention à la répression, comme s’il fallait choisir entre comprendre les causes d’un crime et protéger ses victimes. Cette opposition était absurde. Une politique sérieuse doit prévenir lorsque cela est possible, accompagner lorsque cela est utile et sanctionner lorsque cela est nécessaire.

La nouvelle majorité a également assumé une attention particulière aux petites villes, aux campagnes et aux territoires périurbains. La sécurité ne concerne pas seulement les grands quartiers métropolitains. Elle touche aussi les bourgs confrontés aux cambriolages, aux trafics, aux violences familiales ou à la disparition progressive de la présence de l’État.

Des brigades ont rouvert. Des permanences ont été rétablies. Les maires disposent de moyens nouveaux. Dans certains départements, les délais d’intervention ont commencé à diminuer.

Ce ne sont pas des transformations spectaculaires. Elles ne produisent pas toujours de grandes images télévisées. Mais ce sont précisément ces changements discrets qui rétablissent la confiance.

Un État digne de ce nom ne se contente pas de prononcer des discours sur l’autorité. Il doit être présent lorsque quelqu’un appelle à l’aide.

Une politique sociale devenue nationale

La présidence de Marine Le Pen n’a pas seulement été une présidence de l’immigration et de la sécurité. C’est probablement là que ses adversaires s’étaient le plus trompés. Ils avaient longtemps voulu réduire son électorat à la peur ou à la colère. Ils n’avaient pas suffisamment compris que le vote en faveur du Rassemblement national était aussi devenu un vote social.

Dans les territoires ruraux, les villes moyennes, les anciens bassins industriels et les périphéries urbaines, beaucoup de Français ne demandaient pas des théories. Ils demandaient à pouvoir vivre correctement de leur travail, se chauffer, se déplacer, se soigner et transmettre quelque chose à leurs enfants.

La première urgence du nouveau pouvoir fut donc le niveau de vie.

Les taxes pesant sur certaines énergies ont été abaissées. Une politique de soutien aux revenus du travail a été engagée. Les dispositifs destinés aux familles françaises modestes ont été renforcés. Les petites retraites ont bénéficié de revalorisations ciblées, tandis que les pensions de réversion ont été davantage protégées.

Le gouvernement a aussi cherché à rompre avec une politique sociale devenue illisible, où les aides s’accumulaient sans toujours permettre l’émancipation. L’objectif affiché n’était pas de supprimer la solidarité, mais de la rendre plus juste, plus simple et davantage tournée vers ceux qui participent à la communauté nationale.

Je n’ai jamais cru que le patriotisme devait être uniquement une doctrine de frontières, de drapeaux ou de cérémonies. Le patriotisme doit avoir une dimension sociale.

Aimer la France, c’est aimer concrètement les Français. C’est protéger celui qui travaille de nuit, celle qui élève seule ses enfants, l’agriculteur étranglé par les normes, l’ouvrier dont l’usine risque de fermer, le retraité qui compte chaque dépense et l’étudiant qui peine à se loger.

Une nation qui abandonne ses propres enfants devient une abstraction.

En 2030, toutes les difficultés sociales n’ont pas disparu. L’inflation a laissé des traces. Le logement demeure trop cher dans de nombreuses villes. Certains hôpitaux restent sous tension et les déserts médicaux n’ont pas été résorbés partout.

Mais l’orientation a changé. La politique sociale n’est plus conçue comme la réparation tardive des dégâts produits par une économie sans frontières. Elle accompagne une stratégie plus générale de production, de protection et de souveraineté.

Produire à nouveau en France

Le redressement industriel est probablement l’un des chantiers les plus difficiles du quinquennat.

On ne recrée pas en trois ans les usines disparues pendant quarante ans. On ne reconstitue pas en quelques mois des filières entières, des compétences techniques et des chaînes d’approvisionnement abandonnées.

La présidente n’a jamais prétendu accomplir l’impossible. Elle a toutefois fixé une direction.

La commande publique favorise davantage les entreprises qui produisent sur le territoire national ou européen. Les secteurs stratégiques, notamment l’énergie, la défense, les médicaments, le numérique et l’agriculture, bénéficient d’une politique d’investissement renforcée. Des négociations ont été ouvertes avec nos partenaires européens afin d’assouplir certaines règles qui empêchaient les États de protéger leurs capacités essentielles.

Quelques relocalisations ont vu le jour. Des projets industriels ont été lancés dans des départements longtemps oubliés. Les résultats sont encore fragiles, mais ils ont permis de recréer des emplois et, surtout, une forme de fierté.

Produire n’est pas seulement une question économique. C’est une question de souveraineté.

Un pays qui dépend des autres pour se nourrir, se soigner, s’équiper, se défendre et produire son énergie peut encore posséder un drapeau et un siège dans les organisations internationales. Il ne décide pourtant plus véritablement de son destin.

Pendant plusieurs décennies, le libre-échange a été présenté comme une loi de la nature. On affirmait que les délocalisations étaient le prix du progrès et que les emplois industriels seraient remplacés par une économie plus moderne.

Pour des millions de Français, cette modernité prit surtout la forme d’une usine fermée, d’un centre-ville déserté et d’enfants contraints de partir loin de leurs parents pour trouver du travail.

La France de 2030 n’est pas redevenue la grande puissance industrielle qu’elle fut. Mais elle a cessé d’organiser elle-même son effacement.

C’est déjà beaucoup.

L’agriculture et la France des villages

La transformation se remarque également dans le monde rural.

Durant trop longtemps, les agriculteurs avaient été célébrés dans les discours et abandonnés dans les décisions. On saluait leur courage au Salon de l’agriculture, puis on leur imposait des normes, des charges et une concurrence étrangère auxquelles ils ne pouvaient résister.

Le pouvoir élu en 2027 a replacé la souveraineté alimentaire parmi les priorités nationales.

Les contrôles sur les importations ne respectant pas les normes françaises ont été renforcés. Les négociations commerciales européennes sont désormais examinées en fonction de leur impact sur nos producteurs. Les revenus agricoles ont bénéficié de mécanismes de protection plus fermes et la transmission des exploitations a été facilitée.

Dans certains villages, les résultats prennent une forme très simple : une classe qui ne ferme pas, une pharmacie qui reste ouverte, un médecin qui s’installe, une ligne de transport maintenue, une exploitation reprise par un jeune agriculteur.

La France ne vit pas seulement dans les métropoles.

Elle vit aussi dans ces communes où l’église, la mairie, l’école et le monument aux morts racontent encore une continuité nationale. Elle vit dans ces territoires où les habitants doivent parcourir des dizaines de kilomètres pour travailler, consulter un spécialiste ou accomplir une démarche administrative.

La présidence de Marine Le Pen a fait de cette France périphérique non plus un décor électoral, mais une priorité politique.

Ce rééquilibrage ne relève pas de la nostalgie. Il répond à une exigence d’égalité. On ne peut pas demander à des citoyens de croire à la République lorsque celle-ci disparaît physiquement autour d’eux.

L’école retrouve sa mission

En 2030, l’école française reste confrontée à des difficultés profondes. Le niveau ne s’est pas miraculeusement redressé et le métier d’enseignant demeure exigeant.

Cependant, une rupture culturelle s’est produite.

L’école assume de nouveau sa fonction première : transmettre. Les programmes ont été recentrés sur la maîtrise du français, des mathématiques, de l’histoire et des connaissances fondamentales. L’autorité des professeurs a été renforcée. Les sanctions disciplinaires sont plus rapides et les établissements disposent de solutions nouvelles pour éloigner temporairement les élèves les plus violents sans abandonner leur suivi éducatif.

L’histoire de France a retrouvé une place centrale.

Non pour enseigner un roman mensonger ou nier les fautes du passé, mais pour donner à chaque enfant les repères nécessaires à la compréhension du pays dans lequel il grandit. Une nation adulte n’a pas besoin de falsifier son histoire. Elle doit pouvoir regarder ses grandeurs, ses erreurs, ses tragédies et ses renaissances.

Je suis convaincu qu’on ne construit aucun avenir collectif sans transmission.

Un enfant qui ignore d’où vient son pays ne peut comprendre ce qui le relie à ceux qui l’ont précédé. Il devient plus vulnérable aux récits simplistes, aux haines identitaires et aux appartenances de substitution.

L’école ne doit pas apprendre aux enfants à mépriser la France. Elle ne doit pas davantage leur enseigner à mépriser les autres nations. Elle doit leur donner la capacité d’aimer la leur avec intelligence.

Dans cette France de 2030, le drapeau tricolore n’est plus regardé avec embarras. La Marseillaise n’est plus réservée aux compétitions sportives. Les cérémonies nationales associent davantage les élèves, les familles et les collectivités.

Le patriotisme redevient une affection normale.

Une présidente devenue présidente

La plus grande transformation concerne peut-être Marine Le Pen elle-même.

Pendant des années, ses adversaires avaient refusé de la considérer comme une possible cheffe de l’État. Même lorsqu’elle atteignait le second tour, elle demeurait à leurs yeux une candidate de protestation, enfermée dans l’histoire de son parti et dans celle de son nom.

L’élection de 2027 a définitivement changé cette perception.

Trois ans après son arrivée à l’Élysée, Marine Le Pen s’est installée dans la fonction présidentielle. Elle préside les conseils des ministres, représente la France dans les sommets internationaux, commémore les grandes dates de notre histoire et reçoit les dirigeants étrangers.

Elle a appris à parler au-delà de son camp sans renoncer à ce pour quoi elle avait été élue.

Sa présidence n’est pas exempte de tensions. Certains discours ont provoqué de fortes controverses. Des ministres ont dû quitter le gouvernement. Plusieurs réformes ont été corrigées après leur examen par les institutions. Les relations avec certains partenaires européens ont parfois été difficiles.

Mais le scénario de l’effondrement ne s’est pas réalisé.

La France continue de siéger au Conseil de sécurité des Nations unies. Elle demeure une puissance nucléaire, diplomatique et militaire. Elle coopère avec ses voisins tout en défendant plus fermement ses intérêts. Elle n’a pas quitté l’Europe ; elle a tenté d’y faire entendre une autre conception de la coopération entre les nations.

La présidente a aussi surpris par son calme.

Ceux qui attendaient une agitation permanente ont découvert une femme attachée à la solennité de l’État. Son parcours, marqué par les épreuves, les défaites et des décennies d’hostilité, lui avait probablement appris la patience.

Là où certains voulaient voir une revanche personnelle, elle a cherché à installer une continuité historique.

Elle savait que son élection ne serait pleinement réussie que le jour où elle cesserait d’apparaître comme la présidente du Rassemblement national pour devenir simplement la présidente de la République.

En mai 2030, cette transformation est presque achevée.

La France n’est pas devenue un pays haineux

Il faut revenir sur l’une des prédictions les plus sombres formulées avant l’élection.

La victoire de Marine Le Pen devait libérer toutes les haines. Les Français devaient se dresser les uns contre les autres. Les minorités devaient vivre dans la peur. Le pays devait se fragmenter.

La réalité s’est révélée plus complexe et, surtout, plus paisible. Des tensions ont naturellement accompagné certaines réformes. Des manifestations importantes ont eu lieu. Des associations ont saisi les tribunaux. Une partie du monde culturel, universitaire et médiatique demeure profondément hostile à la présidente.

Mais la société française ne s’est pas effondrée.

Les Français continuent de travailler ensemble, de vivre dans les mêmes villes, de fréquenter les mêmes écoles et de servir sous le même drapeau.

Les citoyens français issus de l’immigration n’ont pas cessé d’être français. Beaucoup ont même accueilli favorablement le retour de l’autorité dans les quartiers où ils vivent. Ils savaient mieux que personne que l’insécurité, le séparatisme et le trafic de drogue frappaient d’abord les habitants qui ne pouvaient pas déménager.

La nouvelle politique ne s’est pas construite contre une couleur de peau ou une origine familiale. Elle s’est construite autour d’une distinction politique : celle qui sépare les membres de la communauté nationale de ceux qui ne possèdent pas encore ce lien, et celle qui sépare ceux qui respectent les lois de ceux qui les violent.

Cette distinction peut être discutée dans ses modalités. Elle n’est pas en elle-même une haine.

J’ai toujours refusé l’idée selon laquelle la fermeté serait nécessairement cruelle, ou que la générosité exigerait l’effacement des frontières.

On peut vouloir une immigration fortement réduite sans mépriser les immigrés. On peut défendre la priorité nationale sans refuser la dignité humaine. On peut aimer profondément son pays sans considérer les autres peuples comme inférieurs.

Le patriotisme que je défends n’est pas un enfermement. C’est une fidélité.

Il ne consiste pas à rejeter l’étranger parce qu’il est étranger. Il consiste à reconnaître que l’État français porte d’abord une responsabilité envers le peuple français.

Une opposition toujours libre

La France de 2030 demeure une démocratie vivante.

L’opposition critique chaque jour le gouvernement. L’Assemblée nationale connaît des séances difficiles. Les syndicats organisent des mobilisations. Les médias publient des enquêtes parfois sévères. Les humoristes se moquent de la présidente et les réseaux sociaux restent le théâtre d’affrontements permanents.

Rien de tout cela n’a été interdit.

Les élections municipales, sénatoriales et européennes se sont déroulées normalement. Le Conseil constitutionnel a continué de contrôler les lois. Le Conseil d’État a suspendu certaines décisions. La justice a poursuivi son activité sans recevoir d’ordres de l’Élysée.

Les institutions n’ont donc pas empêché l’alternance. Elles l’ont encadrée.

Cette réalité a progressivement désarmé l’argument selon lequel l’élection de Marine Le Pen signifierait automatiquement la fin de l’État de droit.

On peut contester ses choix sans raconter que toute politique différente de celle menée auparavant constituerait une dictature. Une démocratie ne consiste pas à autoriser le peuple à voter à condition qu’il choisisse toujours la même orientation.

Elle consiste à accepter la possibilité réelle du changement.

Les difficultés n’ont pas disparu

Écrire que la France va mieux ne signifie pas prétendre qu’elle va parfaitement bien.

La dette publique demeure préoccupante. Les marges budgétaires sont étroites. Certaines baisses de taxes ont dû être compensées. Plusieurs réformes sociales sont encore en cours et les résultats industriels restent inégaux.

Les relations avec l’Allemagne ont connu des périodes de tension. Les négociations avec la Commission européenne ont parfois été longues. Des investisseurs se sont montrés prudents au début du quinquennat. Les taux d’intérêt ont pesé sur les finances publiques.

La crise du logement n’a pas été résolue. Les hôpitaux restent fragiles. Le recrutement de médecins, d’infirmiers, d’enseignants, de policiers et de magistrats demeure difficile.

La présidence de Marine Le Pen n’a pas annulé les contraintes du réel.

Mais elle a cessé de les utiliser comme des excuses permanentes. Le rôle d’un gouvernement n’est pas de promettre une société sans difficultés. Il est de choisir une direction, d’établir des priorités et d’obtenir des résultats mesurables.

En 2030, la France reste un pays inquiet. Elle est cependant moins résignée.

La nuance est considérable.

Le miracle n’était peut-être que la volonté

Alors, peut-on véritablement parler de « miracle Marine Le Pen » ?

Le mot est volontairement excessif. Il évoque quelque chose que l’on n’attendait plus, une amélioration considérée comme impossible après des années de déclin et de renoncements.

Pourtant, rien de ce qui s’est produit depuis 2027 ne relève de la magie.

Les frontières n’ont pas commencé à être contrôlées par miracle. Il a fallu voter des textes, négocier, recruter, construire et exécuter les décisions.

Les usines n’ont pas rouvert par miracle. Il a fallu investir, protéger, former et parfois affronter les règles établies.

L’autorité n’est pas revenue par miracle. Il a fallu soutenir ceux qui servent l’État, sanctionner réellement les violences et assumer publiquement la valeur de l’ordre.

La nation ne s’est pas relevée par miracle. Il a fallu recommencer à parler de la France avec affection, transmettre son histoire et rappeler qu’un peuple n’est pas seulement une population vivant sur un même territoire.

Le véritable miracle fut peut-être plus simple.

Il fut de découvrir que le déclin n’était pas entièrement inévitable.

Pendant des années, on avait demandé aux Français de s’adapter à la disparition de tout ce qu’ils aimaient. Leurs services publics, leurs industries, leurs frontières, leurs paysages, leur tranquillité, leurs habitudes et parfois leur dignité devaient être sacrifiés au nom d’une modernité qu’ils n’avaient pas choisie.

La présidence de Marine Le Pen n’a pas fait revenir le passé.

Elle a rendu possible l’idée d’un avenir français.

Ce futur n’existe pas encore

Nous ne sommes évidemment pas en mai 2030.

Marine Le Pen n’est pas encore présidente de la République. Aucune des réussites racontées dans cette note n’est acquise.

Peut-être certaines mesures échoueraient-elles. Peut-être les résistances seraient-elles plus fortes que prévu. Peut-être les événements internationaux bouleverseraient-ils toutes les priorités. Gouverner la France est une tâche immense et aucun programme ne survit intact à l’épreuve du pouvoir.

Mais cette projection ne prétend pas prédire exactement l’avenir.

Elle cherche à imaginer ce que pourrait devenir notre pays si une véritable alternance était menée avec sérieux, constance et volonté.

Depuis trop longtemps, les adversaires de Marine Le Pen nous demandent uniquement d’imaginer le pire. Ils décrivent inlassablement la catastrophe qui suivrait son élection, comme si cette catastrophe constituait une certitude scientifique.

Pourquoi ne pourrions-nous pas, nous aussi, imaginer une autre possibilité ?

Pourquoi serait-il interdit de penser qu’une politique de souveraineté pourrait rendre à la France une part de sa maîtrise ?

Pourquoi serait-il naïf d’espérer qu’une immigration réduite, une justice plus ferme, une économie plus protectrice et un État plus proche des territoires puissent améliorer concrètement la vie des Français ?

Pourquoi le changement devrait-il nécessairement échouer avant même d’avoir été essayé ?

Je ne demande pas que Marine Le Pen soit jugée avec indulgence. Je demande qu’elle puisse être jugée sur ses actes.

Je ne rêve pas d’une présidente infaillible. Je souhaite une présidente qui sache pourquoi elle a été élue, à qui elle doit rendre des comptes et quelle nation elle a reçu la mission de servir.

En mai 2030, peut-être regarderons-nous le chemin parcouru avec étonnement.

Peut-être constaterons-nous que la France n’est pas devenue parfaite, mais qu’elle a recommencé à croire en elle-même. Que le pays s’est apaisé parce que l’État a retrouvé son autorité. Que la solidarité est devenue plus forte parce que la nation a retrouvé ses frontières. Que les Français ont retrouvé un peu de confiance parce qu’ils ont enfin vu leurs choix produire des conséquences.

Peut-être parlerons-nous alors d’un miracle.

Mais ce miracle aura eu un autre nom.

La volonté politique.

Et il aura commencé le jour où les Français auront décidé que leur pays n’était pas condamné.

Tanguy DavidJuillet 2026

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